980c0bcccddd3fe45f27548f536289a9Inutile de se le cacher, ce sera difficile. Mais contrairement aux apparences, l’élection du 12ème canton n’est peut-être pas jouée. Bien sûr le colonel Kandel réalise un score élevé pour un 1er tour (47,8%). Mais c’est peu dire qu’il a fait le plein. Car toutes les autres candidatures étaient construites contre lui. Il y a bien sûr des réserves à gauche avec Bob Injey du PCF qui réalise un bon score (6%) dans une terre qui a longtemps été rouge, avec le NPA (2%°) et avec Sami Cheniti, soutenu par le MoDem mais candidat déclaré de gauche - même autrement (4,8%).

Mais la surprise c’est qu’il y a aussi des réserves à droite pour Frédérique Grégoire-Concas. Quand un fidèle de Jacques Peyrat comme André Chauvet appelle à voter sans détour pour une candidate socialiste c’est qu’il se passe quelque chose! Et ses 6,33% représente un noyau de fidèles de l’ancien maire pour qui les consignes de vote compteront. Nous ne savons pas encore ce que va dire Patrick Villardry (5,46% sur son seul nom), candidat divers droite, mais vu le ton de sa campagne il est à peu près certain qu’il ne fera aucun cadeau au candidat de Christian Estrosi. Et les Identitaires détestent encore plus le maire de Nice et ses fidèles que les socialistes, c’est dire.

Mais les reports de voix étant toujours imparfaits, nous savons que la victoire passera par une grosse mobilisation des abstentionnistes, ce qui n’est jamais simple dans une cantonale partielle, surtout quand elle a été organisée en 3 semaines justement pour que l’UMP bénéficie de cette abstention et organise une élection de réseau… jusqu’à la caricature.

On a assisté hier à des pratiques d’un autre age, digne des républiques bananières, avec le spectacle d’une adjointe au maire campant toute la journée devant un bureau de vote et recueillant les CV des jeunes  qui avaient été convoqués – il n’y a pas d’autre mot. Je ne peux pas jeter la pierre à ces jeunes qui se raccrochent  à ce seul espoir de trouver un travail ou un logement décent. Ils ne savent sans doute pas que les mêmes promesses ont été faites à d’autres avant chaque élection et que rien ne se passera pour eux. Ils ne réalisent pas non plus que la situation dans laquelle ils se trouvent, ghéttoisés, sans travail et obligés de vivre dans des logements indignes d’un pays comme le notre, c’est la droite locale qui l’organise sciemment depuis des décennies.

J’ai le sentiment que cette paupérisation organisée n’a pas créé de révoltes collectives, mais simplement une dépendance accru au clientélisme le plus vulgaire. Cette tendance à l’individualisation, cette absence de conscience de tout destin collectif dans des quartiers où jadis, la solidarité voulait dire quelque chose, ne grandit pas la droite et ses pratiques, c’est certain. Mais, il faut être honnête, elle est aussi l’échec de la gauche.