Vincent et la mal aimée
La campagne européenne démarre poussivement, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce serait mentir que d’affirmer que nous sentons une dynamique derrrière la liste socialiste, mais il en est de même pour toutes les forces en présence, hormis peut-être la liste « anti-sioniste »de Dieudonné qui bénéficie de la publicité gratuite faite par Claude Guéant.
Cette désaffection populaire pour cette élection est un signe. D’abord, sur l’état de la construction européenne qui vit sans doute, depuis les Non français et néerlandais au projet de traité constitutionnel, sa plus grande crise depuis le Traité de Rome. Alors que l’union monétaire a été réalisée et que la réunification de l’Europe a connu son aboutissement avec l’entrée des anciens pays communistes dans l’Union, jamais nous n’avons eu un tel sentiment d’absence de perspectives. Non seulement la construction européenne est en panne, mais en plus l’Europe est de plus en plus vécue comme un problème et plus comme une solution. La gestion au cas par cas de la crise financière par les principaux pays européens a été à cet égard un rendez-vous manqué de plus.
L’indifférence des électeurs est aussi le signe que le mode de scrutin hybride (ni national, ni local) en vigueur depuis 2004 cumule les inconvénients. Il n’y a aucune identification possible à ces super-régions et d’un autre côté, il y a peu de leaders emblématiques pour tirer les listes vers le haut - Vincent Peillon est l’une des seules figures nationales en lice. Le piège de la nationalisation du scrutin européen est sans doute un peu mieux évité, mais il n’a été remplacé par aucun autre enjeu. Ce mode de scrutin a aussi mis en évidence des fonctionnements partisans inadaptés. La constitution des listes socialistes, à la proportionnelle des courants, a montré ses limites, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais au moins avons-nous bouclé nos listes un mois et demi avant l’UMP, qui nous a offert pendant des semaines une véritable pantalonnade, avec Gaston Franco en guest-star.
Nous touchons là à un problème plus large qui à mon sens participe aussi à la désaffection actuelle de l’électorat. Depuis 2007, les deux principaux partis n’ont pas été à la hauteur – et les autres non plus d’ailleurs. Chacun à leur façon, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient incarné le renouvellement de la classe politique française et un souffle nouveau pour le pays après les années de glaciation chiraquienne. Deux ans après la déception est immense. Vis à vis de Nicolas Sarkozy en premier lieu, qui, hormis le bouclier fiscal, n’a réalisé aucune de ses promesses fondatrices (« travailler plus pour gagner plus », « la réhabilitaion de la valeur travail », « le retour au plein emploi », « moins d’impôts pour les classes moyennes »…). Mais force est de constater que le Parti socialiste n’a pas su capitaliser sur cet échec. Nous vivons une crise d’identité et une crise de leadership, et le congrès de Reims qui aurait dû nous permettre de clarifier les choses n’a fait que les brouiller encore un peu plus.
Bref, ce n’est pas cette année que l’élection européenne, historiquement la plus mal-aimée de toutes, sera réhabilitée. On peut même parier sans prendre trop de risques que des records d’abstention seront à nouveau battus le 7 juin.
C’est dans ce contexte que Vincent Peillon sera à Acropolis demain soir à partir de 19H pour un meeting à l’affiche exceptionnelle puisque seront également présents Bertrand Delanoë et Michel Vauzelle - sans compter notre candidat sur la liste du grand Sud-Est, Yann Librati (et nos suppléantes, Sylvie Gautier et Andrée Guillemet). Je serai vraiment déçu si on ne faisait pas le plein, d’abord car ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit de telles personnalités à Nice et surtout parce qu’à trois semaines de l’élection, l’affluence constituera un vrai test sur la mobilisation de notre électorat et de nos militants.
Ceux qui viendront ne le regretteront pas. On connait le talent oratoire de Michel Vauzelle et on est impatients d’écouter Bertrand Delanoë dont la parole a été rare depuis notre congrès. Mais c’est Vincent Peillon qui devrait être l’attraction de la soirée. Parce qu’il est notre tête de liste bien sûr, mais aussi parce que c’est un orateur exceptionnel, sans doute le meilleur de sa génération. Cet aspect de son talent n’est pas suffisamment connu du grand public mais j’ai eu l’occasion d’assister à un de ses discours et moi qui ne suis pas forcément bon public, j’avais été littéralement bluffé. C’était pourtant un soir de forte pluie durant la campagne pour le congrès. L’affluence avait du coup été moyenne et pour couronner le tout Vincent était grippé. Mais son discours avait été exceptionnellement brillant, de bout en bout. Si demain, il nous arrive en bonne santé, on ne devrait donc pas être déçus d’avoir fait le détour.



mai 20th, 2009 at 08:15
Quant à moi je partais avec un a priori négatif concernant Vincent PEILLON. Je l’avais entendu lors du Congrès et l’avais trouvé agressif (maudit Congrès).
Je l’ai trouvé excellent, rassembleur, militant à Acropolis.
Bertrand DELANOE était égal à lui même. Un orateur hors du commun, pour le coup je pense que c’est lui le meilleur de sa génération (sourire).
Quant à Michel VAUZELLE, il s’est présenté comme le grand Président de Région qu’il est, n’oubliant pas de souligner le travail des militants des Alpes-Maritimes, çà fait du bien que nos élus s’intéressent un peu aux fourmis qui, sur le terrain, font avancer les idées socialistes. Pour mémoire, n’oubliez pas de signer la pétition service public….
Comment peut-on, dans ce département, trouver encore l’énergie de nous « dézinguer » entre nous?
Merci à nos leaders nationaux, de venir, de temps en temps remettre les pendules à l’heure.
Nous sommes tous dans la même galère et ici, dans ce département maudit, la galère prend l’eau.
Ecopons et ramons donc ensemble on avancera sûrement mieux.