L'envie d'avoir envie
Près de 600 personnes étaient présentes à Acropolis vendredi soir pour le premier meeting de la campagne européenne dans le grand Sud-Est. Cette affluence a plutôt été une bonne surprise car l’affiche avait beau être prestigieuse, depuis le congrès on a senti une vraie démobilisation de nos militants.
Le déroulement, et plus encore l’issue du congrès de Reims ont découragé pas mal de camarades, et même si la fédération des Alpes-Maritimes s’est plutôt tenue à l’écart des coups bas, la vindicte contre les dirigeants nationaux a eu des répercussions sur le militantisme local. D’ici, où le combat est encore plus difficile que n’importe où ailleurs en France, il est difficile de pardonner l’inconscience de leaders qui ont passé leur temps à se contredire dans les médias pour entretenir un semblant de notoriété ou pour affaiblir les camarades qui pourraient être des concurrents en 2012.
Avant le meeting, on pouvait percevoir une certaine retenue chez une bonne partie de l’assistance. Il y a encore trop de scepticisme pour avoir envie d’y croire totalement. Pour paraphraser le chanteur officiel de l’UMP et des exilés fiscaux, on sentait plutôt l’envie d’avoir envie. Les orateurs ont fait le reste… Dans des styles différents, ils ont regonflé le moral des troupes avec un talent rare et tout le monde est sorti avec le sourire du meeting, même le bouillonnant directeur de campagne, Patrick Menucci.
Un mot d’abord sur nos candidats, Yann Librati, Sylvie Gautier et Andrée Guillemet, qui avaient la lourde tache d’ouvrir le meeting et qui s’en sont tous les trois remarquablement sortis (mention spéciale à Sylvie pour son chef d’oeuvre d’auto-dérision et à Yann pour avoir eu la gentillesse de me citer!). Les 600 spectateurs n’étaient sans doute pas venus pour eux mais le fait qu’ils interviennent a été une marque de respect pour notre fédération et c’était important, pour eux et pour nous. Ensuite, Michel Vauzelle s’est mué en showman et a usé de son humour pour mettre le public dans sa poche et chauffer la salle pour les deux vedettes américaines de la soirée : Bertrand Delanoë et Vincent Peillon.
Le premier que je n’avais jamais vu en meeting m’a impressionné. En le voyant ainsi combattif, passionné et proche des préoccupations des militants, je me suis demandé comment il avait ainsi pu passer à côté du dernier congrès. Dans son hommage plein de chaleur au courage des militants des Alpes-Maritimes, dans son vibrant appel à l’unité des socialistes, il y avait tout ce qu’on attendait de lui à l’automne dernier et qui n’est pas venu.
Dans son style, moins enflammé, plus rationnel, Vincent Peillon a été brillant lui aussi. Il a une qualité rare chez les orateurs politiques, c’est qu’il sait allier dans ses discours une vision intellectuelle avec de l’émotionnel, et il n’en fait jamais trop dans un sens ou dans l’autre. Il a aussi un sens du crescendo propre aux grands orateurs.
Reste maintenant à insuffler la dynamique à tous ceux qui n’étaient pas au meeting. Nous avons encore trois semaines devant nous, mais pour y parvenir nous aurons impérativement besoin d’un comportement responsable de la part de tous les socialistes et en premier lieu de ceux qui sont censés montrer l’exemple et que d’ailleurs on appelle communément les « responsables socialistes ».


mai 18th, 2009 at 18:22
Beau meeting effectivement, peut-être un petit peu long mais très intéressant. Certaines des premières interventions auraient pu être raccourcis à mon avis. J’ai particulièrement aimé le discours de Delanoé, dans la tradition des grands tribuns socialistes.
mai 18th, 2009 at 23:39
« Reste à insuffler la dynamique à ceux qui n’étaient pas au meeting ».
je suis content de vous l’entendre dire parce qu’on est bien content que les socialistes sont sortis le coeur léger de cette psychothérapie collective mais franchement n’y a t’il pas mieux à faire que d’organiser des réunions entre vous alors que tout va si mal en France, en Europe et partout dans le monde ?