Coupe54NiceOM6Ce soir, comme pour tous les matchs de l’OGC Nice, je serai dans les tribunes du stade du Ray. Je n’aime rater aucun match du Gym mais celui-là, c’est tout simplement inenvisageable. Depuis 1984, je n’ai raté qu’un seul Nice-OM. Et pour cause, c’était le jour de mon mariage (la date avait été imprudemment fixée avant la parution du calendrier de la saison de Ligue 1). 

La rivalité Nice-Marseille n’est pas une invention médiatique comme l’est la haine entre l’OM et le PSG créée  de toutes pièces par Bernard Tapie et Canal +, même si elle est sans doute plus importante à Nice qu’à Marseille. Elle a une histoire et des raisons objectives. L’enclavement de Nice doit beaucoup à l’hégémonie régionale marseillaise et à la capacité de la cité phocéenne à « aspirer » tous les crédits et les projets de l’Etat. Les atermoiements sur la LGV PACA en sont la dernière illustration.

Mais au-delà de la rivalité politico-administrative, on ne peut pas imaginer deux clubs aussi différents que l’OGC Nice et l’Olympique de Marseille. L’OGC Nice incarne l’enclavement de la ville, c’est un club très identitaire, dans le sens où il est très lié à la ville et au comté de Nice. Au-delà il n’a quasiment aucun rayonnement. Parce qu’il ne l’a jamais cherché et parce que dans un rayon de 30 km il y a toujours eu deux autres clubs de haut niveau (l’AS Monaco et l’AS Cannes). L’Olympique de Marseille est historiquement le club de la Provence. Il a toujours eu des supporters dans toutes les Bouches du Rhone, mais aussi dans le Vaucluse et dans le Var, et avec les années Tapie, il a eu pris une dimension nationale avec des supporters dans toute la France qui se sont identifiés soit à la réussite et à la personnalité de l’ancien patron de l’OM soit au côté universel, multi-racial véhiculé par le club et ses groupes de supporters.

L’incompréhension était donc inévitable. Les supporters du Gym ne peuvent pas accepter que des Niçois préfèrent porter le maillot de l’OM que celui du club de leur ville. A cet égard, on ne peut pas réellement parler de rivalité sportive et il manque sans doute cette dimension pour faire de Nice-OM un vrai clasico. Il y a eu quelques matchs mémorables, notamment une finale de coupe en 1954, mais les grandes heures du Gym et de l’OM n’ont jamais réellement coincidé. Dans les années 70, ce n’est qu’après le déclin de l’OM de Skoblar et Magnusson que l’OGC Nice est redevenu l’un des meilleurs clubs français. Et c’est au cours des années Tapie que le Gym fut relégué adminsitrativement en Ligue 2. La seule fois où Nice et Marseille ont été réellement rivaux c’était en Ligue 2 lors de la saison 1983-84 où les deux clubs s’étaient disputés la montée en 1ère division jusqu’à l’avant-dernière journée. Et encore, de cette saison on a surtout retenu l’arbitrage scandaleux du match de barrage contre le Racing Paris.

Depuis vingt-cinq ans, le seul plaisir des supporters niçois est donc d’empêcher l’OM de gagner des titres. Ce fut le cas en 1987. Nice, qui n’avait plus rien à jouer en cette fin de saison, l’avait emporté 2-1 dans une ambiance indescriptible, au grand dam de Jean-Pierre Papin qui avait fait part à la fin du match de son incompréhension face à la motivation exceptionnelle des joueurs niçois et à l’attitude survoltée du public. Cette année là, l’OM disputait le titre… aux girondins de Bordeaux.