Visca el Barça
Je suis fan de foot et supporter inconditionnel de l’OGC Nice, dont je ne rate jamais un match à domicile, même en cas de forte fièvre, de fractures ou de repas de mariage. Mais à chaque fois que le FC Barcelone joue un match important comme ce soir, c’est pour moi un moment qui dépasse le football. « Mes que un club » est la devise des « Blaugrana » et c’est vrai que le Barça est plus qu’un club. Souvent décrit comme le bras armé d’un peuple sans arme, le FC Barcelone est l’âme et la fierté du peuple catalan. Durant l’époque franquiste il était le seul mode d’expression de l’identité catalane et tout a toujours été fait par le pouvoir central pour rabaisser le club, jusqu’à détourner un avion pour faire signer le grand Alfredo Di Stefano au Real Madrid alors que les dirigeants barcelonais l’attendaient à l’aéroport avec un contrat!
Le Real, qui pour les Français est le club de Zidane et des Galactiques, est pour moi un symbole de la Monarchie, du pouvoir central et du régime franquiste qui a amené mes grands-parents à devenir des fugitifs puis des réfugiés. Ma grand-mère avait 14 ans quand elle a quitté Barcelone avec sa mère et son père, garde-champêtre républicain et condamné à mort par les milices franquistes qui étaient en train de s’emparer des dernières poches de résistance en Catalogne. Ils ont marché jusqu’en France dans des conditions épouvantables. Epuisée, ma grand-mère a fini par abandonner tout le contenu de sa valise en chemin. Elle n’a gardé qu’un drapeau républicain.
Mon engagement à gauche vient sans doute de cet épisode familial. Ma passion pour le Barça aussi.
Inutile de dire combien j’ai été ravi samedi soir quand Barcelone a gagné 6 à 2 au stade Santiago Bernabeu contre le Real. Mais ce soir en demi-finale de la ligue des champions contre Chelsea, ça a été encore meilleur. Pourtant j’ai toujours aimé le football anglais, même lorsqu’il n’était pas encore à la mode, au début des années 90. J’étais même un peu désolé que la finale de la Champions League 2006 au stade de France (j’y étais!) oppose Barcelone à Arsenal parce que j’adore Arsène Wenger et sa philosophie du jeu. J’aurais préféré que ce soit Chelsea car un match de foot est bien meilleur lorsqu’on déteste l’adversaire. Et Chelsea symbolise à mes yeux ce qu’il y a de pire dans le foot moderne : les pétro-dollars, les mercenaires qui vont avec, des supporters antipathiques et un style de jeu ultra-défensif quel que soit l’entraineur (Ranieri, Mourinho, Scolari et maintenant Hiddink).
On ne peut pas dire qu’on a assisté ce soir à un grand match, tant les Barcelonais, comme à l’aller, ont été empêchés de jouer par l’organisation défensive quasi militaire des Anglais. Mais une égalisation à la 93ème minute, au moment où on ne l’espère plus, reste le summum du foot. Un moment d’euphorie indescriptible que le football est le seul à pouvoir – légalement - procurer.
Reste maintenant à trouver le précieux sésame pour assister à la finale contre Manchester United à Rome. Mais les billets sont encore plus rares que les égalisations à la 93ème minute…


mai 29th, 2009 at 18:44
Quoi ! Aucun commentaire à un tel hommage au Barça ? Personne qui se précipite pour te donner une place pour la finale à Rome ? Bon espérons que la belle et méritée victoire qu’ils ont eu, fera revenir quelques lecteurs sur ce beau « post » mal considéré.
D’ailleurs, est ce que tu as pu y aller ? J’ai pensé à toi en tout cas, regrettant de ne plus avoir de cellulaire pour te harceler de texto.
Sinon, bravo pour ce blog, bien écrit et bien tenu.
mai 30th, 2009 at 00:36
Eh non je n’ai pas pu. Les billets se négociaient à 1000 euros voire plus. La passion a ses limites…
Merci de ta visite et n’oublie pas de laisser ton blog en lien lors de ton prochain commentaire, j’ai perdu l’adresse. Sinon, on se voit en juillet comme prévu