aubry-royal_inlineLes hommes politiques qui disent que les sondages mesurant les intentions de vote ne les intéressent pas sont des menteurs. Lorsqu’on participe à une élection, on se jette dessus dès qu’ils sortent et on essaie même d’en avoir la primeur par tous les moyens. Cela dit, les intentions de vote ne sont pas toujours la partie la plus importante d’un sondage.

Une collègue m’a envoyé hier soir le dernier sondage BVA sur les européennes et il est extrêmement instructif, au-delà des intentions de vote qui restent comparables à ce qui circule depuis le début de la campagne. Hier matin, je pensais que nous n’étions pas à l’abri d’une mauvaise surprise. Je pense aujourd’hui que le PS peut créer la suprise dimanche et arriver devant l’UMP.

En premier lieu parce que nos électeurs déclarés sont certains de leur choix à 72% contre 64%  en moyenne et que les listes PS constituent un sceond choix pour 1/4 des électeurs déclarés du Modem et d’Europe écologie, deux électorats qui apparaissent très indécis (près de 50% n’ont pas encore arrêté leur choix).

Ensuite, lorsqu’il est demandé aux sondés de faire un choix entre PS et UMP (« De quel parti entre le PS et l’UMP vous sentez-vous le plus proche ou disons, le moins éloigné ? »), le PS a un net avantage (49-36). Je ne suis même pas certain que lors des deux vagues roses de 2004 (régionales et européennes), l’écart était autant prononcé.

L’électorat du Modem penche assez nettement à gauche (50-31), alors que le noyau dur qui reste fidèle au FN est plus partagé : 46% pour l’UMP, 36 pour le PS, alors que traditionnellement le report de voix du FN était aux alentour de 50% pour l’UMP, 25% pour le PS et 25% d’abstention. Petite curiosité sans conséquence : 28% des électeurs de Lutte ouvrière se déclarent plus proches de l’UMP que du PS.

En résumé, tous les éléments sont réunis pour un renouveau électoral du Parti socialiste, sauf peut-être le Parti socialiste lui-même qui a désormais le choix entre l’auto-destruction perpétuelle et un volontarisme retrouvé pour rallier tous ceux qui ont envie de croire en nous. Cette campagne nous a plutôt éloigné du côté obscur de la force. Le meeting de Rezé a été un signal important. Certains commentateurs ont estimé que l’entente entre Martine et Ségolène était surjouée. Je pense que par les temps qui courent, aucun signe d’unité ne sera suffiament souligné.