Lippmann_NMCe qu’il s’est passé au jardin Lippmann à Pasteur doit servir de leçon aux habitants des quartiers populaires de Nice. Ce petit square situé au Nord du quartier Pasteur à l’angle de la voie romaine et de l’avenue Maccario était laissé à l’abandon depuis des années. Un seul banc, un toboggan, un tourniquet. Et c’est tout. Au regard des autres jardins de la ville, cela apparait dérisoire. Il n’est pas rare de voir des mamans, parfois enceintes,  être obligées de s’assoir sur le tourniquet. Plus grave, le portail d’entrée est à moins d’un mètre de la route, où la vitesse est souvent excessive, alors que sur le côté, le trottoir est large et pourrait accueillir une entrée sécurisée.

Il y a quelques mois, un collectif de mamans, emmené par la dynamique Madame Martin, lance une pétition pour demander à la mairie de sécuriser l’entrée et d’installer des bancs et des jeux supplémentaires. On leur répond que le jardin est frappé d’alignement à cause du prolongement de la ligne 1 du tramway, ce qui est faux, puis qu’aucune pétition n’a été déposée, alors que cela a été fait. Qu’à cela ne tienne, elles continuent de faire tourner la pétition jusqu’à obtenir près de 100 signatures.

Saisi par Madame Martin et les autres mamans, j’ai écrit à Christian Estrosi, puis j’ai fait venir la presse pour faire constater la dangerosité de l’entrée qui a été illustré par deux incidents récents dont les conséquences auraient pu être dramatiques.

Il y a environ 3 semaine, un petit garçon de 10 ans a été renversé par une moto, alors qu’il traversait la rue en trottinette  (au feu vert pour les piétons) pour entrer dans le jardin. Il a subi un traumatisme cranien qui lui a valu 8 jours d’hôpital mais aujourd’hui Dieu merci il va très bien. Il y a une dizaine de jours, c’est un enfant de deux ans qui a échappé quelques secondes à la vigilance de sa mère enceinte de 8 mois et qui est sorti sur la route. Il a été rattrapé in extremis au moment où une voiture arrivait à vive allure.

Jamais une telle situation n’aurait été tolérée aussi longtemps dans un quartier du centre-ville ou des collines, les habitants en sont conscients. Mais étrangement, les articles de presse et la mobilisation des habitants ont fait leur petit effet, puisque jeudi, pas moins de 3 adjoints sont venus annoncer la sécurisation du jardin dans 15 jours et de nouveaux équipements.

Puissent les habitants du quartier se souvenir de cet épisode à l’avenir. Je suis souvent dans le quartier Pasteur (je milite dans le 6ème canton de Nice) et je tiens toujours le même discours aux gens qui me demandent une intervention pour changer d’appartement ou de quartier parce que leur immeuble est dans un état lamentable et qu’il n’y a pas d’équipements dignes de ce nom à Pasteur. Je veux bien faire une intervention, mais la solution n’est pas individuelle. C’est comme cela que le clientélisme de la droite locale prospère, face à des gens isolés et vulnérables qui recherchent à tout prix la protection d’un élu.

La seule solution est une mobilisation collective. Des pétitions, des petites manifestations devant la presse pour dénoncer l’abandon du quartier et l’état indigne des immeubles de Côte d’Azur Habitat dont la grande majorité des habitants sont des gens honnêtes et travailleurs qui se sentent humiliés par leurs conditions de vie.

48 heures, c’est le temps qu’il a fallu entre la venue de la presse au jardin Lippmann et les annonces de la mairie. C’est moi qui ai fait venir la presse, mais si les habitants ne s’étaient pas mobilisés en nombre ce jour-là, rien ne se serait passé. Qu’ils retiennent cet épisode et alors, leur vie et leur quartier pourront changer.