bagarreJe pourrais être hypocrite et me contenter de dire que le débat de hier soir sur France 2 était indigne, que ce n’est pas ma conception de la politique et que les représentants des différents partis n’ont pas été à la hauteur des enjeux européens. Non pas que tout cela ne soit pas vrai et comment en aurait-il pu être autrement alors que les principaux partis avaient envoyé des représentants qui n’étaient même pas candidats ? Mais pour être tout à fait honnête,  je me suis bien amusé en le regardant!

Ce débat m’a fait penser à ces vieux matchs mythiques de championnat anglais où l’indigence technique est compensée par un engagement total des joueurs. Les mieux informés n’auront pas appris grand chose sur l’Europe c’est certain, mais les autres, ceux qui n’étaient pas convaincus d’aller voter et qui ont commencé à regarder le débat en attendant le début d’Alice Nevers sur TF1, ont peut-être oublié de zapper.

Il y a eu des moments d’anthologie, qu’on reverra dans les zappings dans 20 ans, en particulier dès les premières minutes cette passe d’arme hallucinante entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou (mention spéciale au « Tu seras jamais Président de la République mon pote parce que t’es trop minable! »). A partir de là, l’ambiance est devenue électrique, même s’il y a eu aussi des moments très drôles, en particulier Cohn-Bendit s’esclaffant à l’idée de voir De Villiers siéger dans le même groupe que les Tories britanniques, partisans enthousiastes de l’adhésion de la Turquie, Mélenchon se lançant dans une imitation plus ou moins volontaire de Geroges Marchais en s’attaquant à Arlette Chabot, et Marine Le Pen s’indignant à propos des rangers de l’armée désormais fabriquées en Tunisie!

Durant tout le débat je me suis demandé si notre première secrétaire Martine Aubry était le meilleur choix pour ce type de foire d’empoigne, auquel un Vincent Peillon, excellent dans le joutes oratoires, semble a priori plus adapté. Mais elle a été digne et peut-être que son obstination à rester en dehors de la mêlée et à parler de fond nous sera finalement bénéfique. Je n’ai toujours pas la réponse…

xavier bertrand- reformes-retraitesCe dont j’ai été de plus en plus certain durant le débat c’est que Xavier Bertrand m’énerve au plus haut point. D’ordinaire je ne suis pas manichéen et je sais reconnaître les talents dans l’autre camp. Nicolas Sarkozy ne fait plus de débat désormais mais il excelle dans l’exercice. Philippe Séguin est souvent formidable. François Baroin respire la sincérité. Xavier Bertrand, lui, est juste énervant avec son ton mielleux de faux gentil, son air invariablement auto-satisfait et ses slogans débités sans une once de sincérité. Même Frédéric Lefebvre est dix fois plus sympathique, c’est dire.