Déçu et fier
Une défaite est une défaite, et il faut savoir la reconnaître. C’est ce que j’ai fait en appelant dès le résultat connu Lauriano Azinheirinha pour le féliciter de son élection. Il a eu des mots très gentils à mon égard et un comportement républicain. Je veux l’en remercier publiquement.
Je suis déçu car je pars toujours pour gagner et nous avons toujours fait campagne dans cet état d’esprit avec un véritable projet pour les quartiers du 6ème canton. Mais dans ce contexte, où chaque soir en rentrant des tractages, je prenais connaissance dans les médias de nouvelles querelles stériles au sein du PS, dans un canton ancré à droite, et face au système Estrosi qui a fait main basse sur cette ville, je suis fier du score que j’ai fait (40,56%). C’est 8 points de plus que le total de la gauche et des écologistes au 1er tour, ce qui veut dire que le report de voix a été impeccable dans notre camp, que nous avons su mobiliser des abstentionnistes du 1er tour et que nous avons même rassemblé au-delà de notre électorat naturel sur un projet de proximité qui est la véritable alternative à la politique bling-bling du maire.
Si je suis fier, c’est collectivement, de la campagne que nous avons menée. Nous avons résisté sans céder un pouce de terrain au rouleau compresseur de la machine municipale UMP. Et nous ne l’avons pas fait simplement en nous opposant mais en proposant une autre vision du canton, de la vie dans nos quartiers, en essayant de donner des perspectives aux habitants sans faire de fausses promesses.
Si nous avons pu faire cette campagne de proximité et innover en permanence c’est grâce à des militants et des amis qui ont sacrifié beaucoup de leur temps et c’est à eux que vont toutes mes pensées ce soir. La première que je veux remercier c’est Ana, ma femme, qui m’a soutenu de toutes ses forces et a tout assuré pour que je sois dans les meilleures conditions pour cette campagne. Je n’ai pas beaucoup été là pour elle et pour Margot ces derniers mois, et cela a été la seule chose vraiment difficile à vivre dans cette période. Je sais que ça a été dur pour elle, mais elle ne s’est jamais plainte et m’a au contraire toujours poussé à me battre encore plus. Ensuite, je veux remercier du fond du coeur Khaled Ben Abderahmane, mon directeur de campagne, qui est allé au bout de ses forces en jouant quotidiennement les chefs d’orchestre, en mouillant la chemise dans les tractages tout en gérant ses deux magasins, et qui a même dû faire face à la grippe A, faisant craindre un moment une pandémie dans le staff de campagne! Un grand merci aussi à Jean-François Verdier, mon mandataire financier, qui fait toujours tout pour arranger les choses sans mettre de côté l’indispensable rigueur qui va de pair avec sa fonction. Ses conseils sur l’éducation ont également été très précieux et le petit mot qu’il m’a donné ce soir me servira pour la vie. Et à JP, qui est un ami mais qui est aussi un infographiste de génie. Il trouve toujours une solution à tout et a passé des soirées entières, parfois des nuits, sur nos documents de campagne qui ont été de grande qualité, avec un prix spécial au faux billet de 200 euros pour dénoncer la hausse des impôts locaux, qu’on a distribué à 20.000 exemplaires en 24h, semant la panique dans les équipes de « détractage » de l’UMP! A Fred aussi, qui a fait toutes les photos de campagne, notamment celle de l’affiche, qui a été plébiscitée. Sa disponibilité, sa patience et sa gentillesse n’ont pas été de trop pour les modèles indisciplinés que nous sommes!
Il y a aussi et surtout tous les militants qui ont tout donné, qui ont tracté de jour comme de nuit, souvent plus que de raison. Michel et Alain, les oiseaux de nuit, qui ont été infatigables et simplement énormes. Appolinaire, inconsolable ce soir, qui certains jours a tenu seul le quartier Pasteur face aux armadas UMP. Comme il l’avait promis, il s’ets battu « comme un caïman dans l’eau » ! Jo et Anne-Marie Gaïssa descendus deux semaines de leur vallée de la Tinée pour nous donner un coup de main inestimable. Les deux Seb (Degioanni et Jeanjean), nos Dupont et Dupond, qui étaient là à chaque fois que j’ai eu besoin d’eux, c’est à dire tout le temps. Rémy, rencontré à la sortie d’une école qui s’est spontanément porté volontaire pour tracter et qui a fait un boulot magnifique. Ankinée, qui était partout, à la fois sur le terrain jusqu’à pas d’heure et à la fédération pour organiser les bureaux de vote. Lionel, qui a fait un travail de fourmi extrêmement précieux sur les contacts. Hadleigh « rosbif » Roberts, notre transfuge travailliste, qui ne sait pas encore qu’il y a la mer à Nice parce qu’il a passé ses jours et ses nuits à travailler dans ou sur le 6ème canton. Thibaud, qui se remet à peine d’une grosse chute à vélo et qui a été là toute la semaine. Coco et Irène, qui sont notre maman et notre papa à tous, toujours là dès qu’on a besoin d’eux. Pierre, qui n’a pas loupé un samedi matin. Et tous les autres. D’abord ceux qui ont sacrifié deux dimanches pour tenir un bureau de vote (Iris, Jean-Marie, Nathalie, Guy, Souad, Hervé, Alain, Claude, Laurent, Hamass, Christine, Fatou, Michelle, Mohamed, Danielle et Michelle, les deux « taties », et tous les autres…). Puis ceux qui étaient là dès qu’ils ont eu un moment : Célia et sa bonne humeur, Mathieu « Optimum » Bonnet, Seb Franco, Fouzia Ayoub et Louise Faustinien qui ont magnifiquement tenu la baraque à l’arrière, Jean-Régis qui était avec moi pour l’inoubliable porte à porte de Villermont, Valérie Nucéra qui était là pour le dernier collage et la rencontre avec Juani le magnifique, Vincent, mon ancien étudiant, qui a été présent au début de la campagne puis qui a mobilisé à distance, ma « vieille » copine Katia qui a fait le déplacement du Var la veille du 1er tour, Hervé Rivano en plein déménagement mais toujours présent, Jean-Marie, le roi du podcast, Dario, Sylvie, Jean-Marc, Stéphane, Charlotte, Alexandre, Gustavine, Lola, Raph, Henri, Yann, mon ami André, habituellement fidèle électeur de droite, … et pardon à tous les autres que j’aurais pu involontairement oublier.
Les élus ont eux aussi été là à mes côtés et se sont déployés au porte à porte dans les deux dernières semaines : Yann Librati, fidèle au poste tous les soirs au sortir d’un été éprouvant pour lui, Paul Cuturello, qui m’a accompagné dans de nombreuses cages d’escalier, Marc et Fred Concas, et l’omniprésent Razak Fetnan, des amis sur qui on peut toujours compter. Et bien sûr Patrick Allemand, très pris par la rentrée mais avec moi dès qu’il a eu la moindre demi-heure de libre. C’est l’occasion pour moi de le remercier pour sa confiance. Je sais que malgré la défaite il est fier de moi ce soir. Et je suis fier de travailler à ses côtés pour construire un autre avenir pour Nice.
Une campagne c’est aussi des milliers de rencontres. Le plus souvent, elles sont brèves, parfois insolites, surtout au porte à porte où on peut tomber sur des personnages ou des situations très cocasses, mais il y a aussi de très belles rencontres qui marquent pour la vie. Félix Grasso d’abord, qui fait la meilleure porchetta de Nice (donc de l’univers), avec qui je peux rester des heures à blaguer en grignotant de la pancetta ou des peruggines sèches. Patrice, le boulanger, homme de droite comme Félix, mais surtout un homme bien qui lorsqu’il vous donne sans chichi quelques cannolis vous a offert son amitié. Il y a aussi Mélanie et toutes les mamans du jardin Lippmann grâce auxquelles nous avons obtenu la sécurisation et la réhabilitation du jardin. Et puis les jeunes de la rue Maccario qui pour une fois se sont mobilisés et m’ont permis de réaliser plus de 60% au bureau de vote François Carlo. C’est une grande fierté pour moi car je ne les ai pas ramenés aux urnes en leur faisant des fausses promesses d’embauche ou d’appartement, comme c’est la coutume dans les quartiers populaires. Je leur ai simplement parlé de politique et eux aussi, avec une lucidité et une finesse d’analyse qui en étonneraient beaucoup. Cela faisait longtemps que personne ne s’était adressé à leur intelligence et c’est un gâchis. Enfin, il y a Mehdi Abbous, un jeune garçon de 11 ans, qui vit rue Maurice Maccario avec ses parents et ses grandes soeurs, qui sont des gens vraiment bien. Mehdi est un fana de foot comme moi et il est devenu au fil de la campagne comme un petit frère. De sa propre initiative il a fait du porte à porte chez tous ses voisins pour qu’ils aillent voter pour moi. Désormais c’est moi qui suis son agent, non pas électoral mais sportif puisque j’ai été chargé par son père de lui trouver un club de foot sérieux !
Je voulais terminer ces mots de remerciements par Anne-Ju. Anne-Ju, c’est bien sûr Anne-Julie Clary, ma suppléante, qui a été magnifique durant toute cette campagne. Elle s’est impliquée comme si elle était la candidate. Elle est revenue en juillet de quelques jours de vacances dans les fjords norvégiens avec une forme éblouissante -désormais bien entamée ! – et les jours où la fatigue était là ou le moral atteint, c’est elle qui à chaque fois m’a regonflé avec des mots simples et son énergie communicative. Bientôt c’est elle qui sera sur le devant de la scène, à commencer par les élections régionales où elle sera l’un des atouts majeurs de notre liste, et c’est moi qui me dépouillerai pour elle. Elle a un talent fou. Stéphane, un militant a dit de moi récemment sur son blog que j’étais « le meilleur d’entre nous ». Ca m’a fait plaisir, d’autant qu’il a souvent la dent dure, mais, sans fausse modestie, pour moi la meilleure c’est Anne-Ju. Et je suis très fier de la campagne qu’on a fait ensemble.


septembre 14th, 2009 at 04:49
Zut tant de beaux mots, si justes qu’on ne sait plus quoi dire. Moi je suis avant tout fier de votre travail, puis déçu des résultats. Quand on se mets à rêver de mieux et de changer les choses on devient vite impatient. Merci pour la dynamique que cette campagne a pu (a su) lancer.
Keep on goin’ Dude !
septembre 14th, 2009 at 22:40
Félicitations pour cette belle campagne de propositions.
septembre 14th, 2009 at 23:05
[...] Déçu et fier sept.14, 2009 in 6ème canton 1 Comment [...]
septembre 15th, 2009 at 01:53
Benjamin Constant a dit : « Il faut remercier les hommes le moins possible parce que la reconnaissance qu’on leur témoigne les persuade aisément qu’ils en font trop ! »
Pour ma part je ne crois pas en avoir trop fait, car bien qu’elle se soit soldé par une défaite, être le directeur de ta campagne a été d’un grand enrichissement personnel .
Tu as su livré bataille dans des conditions on ne peut plus difficiles : au lendemain d’un résultat électoral (les européennes) désastreux pour notre parti à Nice, dans un territoire ou la stratégie d’union des gauches n’avait aucune chance de l’emporter, en pleine période estivale ou le temps était plus propice au farnienté qu’à la mobilisation politique et sans oublier les descensions au sein de notre parti tant au plan national que local qui t’ont bien desservi.
Autant d’embuches et d’obstacles que tu as réussi à éviter. Homme de cœur, intègre, honnête et sincère, tu as su par ton courage et ton abnégation nous motiver, nous rassembler et nous amener à nous surpasser.
Xavier, merci de m’avoir permis de vivre cette magnifique aventure à tes côtes.
Tu n’as pas été élu cette fois-ci mais tu es loin d’avoir dit ton dernier mot. Nice comme le PS ont besoin de toi.