Paniqué par le dernier sondage qui donne l’UMP à seulement 32% dans les Alpes-Maritimes, bastion UMP pourtant réputé imprenable, Christian Estrosi est en train de faire appeler un à un tous les Niçois par un robot qui débite un de ses discours anti-Vauzelle.
Il a sans doute oublié qu’il y a quelques mois, son compère Eric Ciotti a été l’auteur d’une proposition de loi contre le démarchage téléphonique !
Ce pourrait être la devise de l’UMP : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
Le hasard a fait que deux des grands hommes d’Etat de ces dernières décennies ont été au coeur de l’actualité en même temps cette semaine, même si bien évidemment la sortie d’un livre et un décès brutal n’ont rien à voir.
C’est une coutume de rendre hommage aux morts, même lorsqu’ils ne sont pas de votre bord politique, mais la mort de Philippe Séguin m’a vraiment fait de la peine. S’il y avait un homme à droite que j’estimais, que j’admirais même, c’est lui. Etait-il vraiment de droite d’ailleurs ? La question pouvait se poser, mais il n’est plus temps d’y répondre. J’aimais simplement sa fibre sociale, son honnêteté intellectuelle rare et surtout son humour mélancolique. Il avait compris que ses qualités étaient immenses mais qu’elles ne cadraient pas avec les exigences de l’accession à la fonction suprême, et ça avait l’air de le rendre triste, pour lui-même surement mais aussi pour l’idée qu’il se faisait de la politique. Pour dire les choses commes elles sont, il n’était pas assez filou et trop tourmenté. J’ai lu un jour qu’il préparait à chaque élection un message de remerciement en cas de défaite ! Ce pessimisme sur la politqiue et la nature des choses explique pour moi la gestion désastreuse de sa carrière, qu’on peut décrire comme une série de rendez-vous manqués. Comme pour Michel Rocard et Lionel Jospin, deux autres losers magnifiques de la politique française, même si eux furent tout de même premiers ministres.
De Lionel Jospin, il a aussi beaucoup été question cette semaine, de façon heureusement moins tragique, à l’occasion de la sortie du livre et du documentaire « Lionel Raconte Jospin ». J’aime beaucoup les documentaires de Patrick Rotman, toujours passionnant et souvent poignant. « Un été 44″ est sans doute le plus beau de tous, mais ses biographies télévisées de Mitterrand et, plus encore, de Chirac sont également de vraies réussites. Mais ces réussites étaient largement dus au format narratif, historique et distancié. Et c’est ce qui manque sans doute à la 1ère partie de son documentaire sur Lionel Jospin diffusé ce soir sur France 2. Le format de l’interview pouvait se défendre mais il manque de recul face à la vision sans doute honnête mais trop intransigeante du camarade Lionel. La forme correspond mieux au livre, que j’ai quasiment terminé. Mais j’aurais aimé qu’il nous dise combien le 21 avril a été douloureux pour lui. Par pudeur ou par fierté, il refuse toujours de partager notre peine. Et c’est un regret presque aussi grand que son rendez-vous manqué avec l’Elysée.
C’est le feuilleton niçois de la semaine. Sophie Duez a démissionné de ses fonctions de conseillère municipale du groupe d’opposition « Changer d’ère », puis a été engagée dans la foulée au cabinet du maire, Christian Estrosi. Il n’en a pas fallu plus pour que fleurissent depuis 24h sur les blogs et sur facebook les rapprochements avec Eric Besson (voire avec Carla Bruni, qui elle aussi a été de gauche fut un temps, mais n’a jamais été élue et, à ma connaissance, n’a jamais été rémunérée par Nicolas Sarkozy).
Ce ralliement, qui est bien un ralliement quand on sait comment fonctionne un cabinet, est évidemment une déception lorsque je me remémore l’aventure commune de la campagne municipale et certains mots qu’avait prononcés Sophie à cette occasion, notamment lorsqu’elle avait ému les 1200 personnes massées à Acropolis en évoquant ses parents contraints de partir de Nice par le système Médecin, dont faisait partie un certain Christian Estrosi. Quand on repense aux mots qu’elle a prononcés ce jour-là, on ne peut qu’évoquer une trahison
Mais c’est surtout elle-même qu’elle a trahie car d’un autre côté, on ne peut pas comparer le cas Duez avec le cas Besson, qui était un haut responsable du Parti socialiste depuis plus de 10 ans , qui avait combattu Nicolas Sarkozy avec conviction et qui devait tout au PS. Sophie Duez ne nous doit rien, si ce n’est d’avoir été conseillère municipale pendant un an et demi. On a fait un bout de chemin ensemble et elle a choisi d’aller voir ailleurs, voilà tout. On ne peut pas dire qu’elle ait été une opposante féroce au système Estrosi, c’est le moins qu’on puisse dire, et elle n’a jamais été membre du parti socialiste ou d’une autre formation. C’est toujours un risque de placer sur une liste un membre de la société civile en position éligible même en cas de défaite. Ce risque nous le connaissions.
A partir du moment où elle a démissionné Sophie Duez était donc libre de mener sa carrière professionnelle comme elle l’entend. Le projet des abattoirs lui tient à coeur, et comme nous l’avons appris lors de l’embauche de Gaston Franco, le cabinet de Christian Estrosi rémunère très généreusement ses collaborateurs. Et puis d’un autre côté on ne peut pas dire que sa carrière d’actrice a le vent en poupe depuis quelques années…
Vous êtes sur le blog de Xavier Garcia, porte-parole du parti socialiste dans les Alpes-Maritimes et délégué du PS dans le 6ème canton de Nice. (Pasteur-Cimiez-Libération)