Sophie Duez = Eric Besson ?

C’est le feuilleton niçois de la semaine. Sophie Duez a démissionné de ses fonctions de conseillère municipale du groupe d’opposition « Changer d’ère », puis a été engagée dans la foulée au cabinet du maire, Christian Estrosi. Il n’en a pas fallu plus pour que fleurissent depuis 24h sur les blogs et sur facebook les rapprochements avec Eric Besson (voire avec Carla Bruni, qui elle aussi a été de gauche fut un temps, mais n’a jamais été élue et, à ma connaissance, n’a jamais été rémunérée par Nicolas Sarkozy).

Ce ralliement, qui est bien un ralliement quand on sait comment fonctionne un cabinet, est évidemment une déception lorsque je me remémore l’aventure commune de la campagne municipale et certains mots qu’avait prononcés Sophie à cette occasion, notamment lorsqu’elle avait ému les 1200 personnes massées à Acropolis en évoquant ses parents contraints de partir de Nice par le système Médecin, dont faisait partie un certain Christian Estrosi. Quand on repense aux mots qu’elle a prononcés ce jour-là, on ne peut qu’évoquer une trahison

Mais c’est surtout elle-même qu’elle a trahie car d’un autre côté, on ne peut pas comparer le cas Duez avec le cas Besson, qui était un haut responsable du Parti socialiste depuis plus de 10 ans , qui avait combattu Nicolas Sarkozy avec conviction et qui devait tout au PS. Sophie Duez ne nous doit rien, si ce n’est d’avoir été conseillère municipale pendant un an et demi. On a fait un bout de chemin ensemble et elle a choisi d’aller voir ailleurs, voilà tout. On ne peut pas dire qu’elle ait été une opposante féroce au système Estrosi, c’est le moins qu’on puisse dire, et elle n’a jamais été membre du parti socialiste ou d’une autre formation. C’est toujours un risque de placer sur une liste un membre de la société civile en position éligible même en cas de défaite. Ce risque nous le connaissions.

A partir du moment où elle a démissionné Sophie Duez était donc libre de mener sa carrière professionnelle comme elle l’entend. Le projet des abattoirs lui tient à coeur, et comme nous l’avons appris lors de l’embauche de Gaston Franco, le cabinet de Christian Estrosi rémunère très généreusement ses collaborateurs. Et puis d’un autre côté on ne peut pas dire que sa carrière d’actrice a le vent en poupe depuis quelques années…

Le reste est une affaire de conscience..

Ce qui devait arriver…

 

Ce qui devait arriver est en train d’arriver. Le débat sur l’identité nationale, lancée à trois mois des élections régionales sans préparation et sans idée claire sur les raisons et les objectifs d’un tel débat (mis à part les élections), est en train de prendre une tournure détestable qui fait peser dans ce pays un climat de plus en plus malsain. Nous rentrons progressivement dans une sorte d’hystérie collective, avec des élus UMP rivalisant d’inventivité pour le prix de la plus grosse énormité de la semaine. Et dans cette compétition de haut vol, le maire de Nice est définitivement tête de série n° 1 !

Christian Estrosi ne s’est jamais fait connaître pour sa hauteur de vue, mais ces derniers jours, il atteint des sommets dans le registre du délire droitier. Après le couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans dont le Procureur de Nice a clairement montré qu’il était un coup médiatique inapplicable dans les faits, lundi, il a évoqué les mariages en mairie dans Direct Nice . Il y annonce qu’il va interdire les drapeaux étrangers – comme Jacques Bompard – mais aussi « les coups de klaxons intempestifs ».

De deux choses l’une, soit les klaxons seront interdits durant les cérémonies et il faut nous expliquer comment des véhicules peuvent d’introduire dans la salle des mariages et même aux abords ; soit il s’agit de remettre en cause une vieille tradition un peu bruyante destinée à célébrer les jeunes mariés et ce serait une mesure digne du Chili de Pinochet.

Avec cette déclaration, on pouvait penser avoir touché le fond, mais voici qu’on apprend hier que pour justifier le débat sur l’identité nationale, le maire de Nice a déclaré que si un tel débat avait eu lieu en Allemagne avant la Deuxième guerre mondiale, le pire aurait  été évité !

Que le maire de Gussainville puisse dire des énormités pareilles, passe encore. Mais nous avons affaire à un ministre de la République, maire de la 5ème ville de France. C’est dire à quel point ce pays est en train de s’enfoncer.

Cet étalage de bêtise ordinaire, jour après jour, semaine après semaine, par des responsables politiques de premier plan, est proprement déprimant. D’autant que les déclarations du genre de celle d’Eric Raoult réclamant un droit de réserve au Prix Goncourt, ne sont jamais désavouées par ceux qui sont en charge de l’Etat. C’est déprimant parce que cela veut dire qu’on choisit sciemment de faire appel à la médiocrité des électeurs et c’est ce genre de calculs politiciens, qui en propageant un climat de peur, d’amertume et d’agressivité divise la société française et remet en cause le socle des valeurs communes et de la volonté de vivre ensemble. C’est à dire notre identité nationale.

En bonus, la chronique de Didier Porte sur France-Inter ce matin

« Chéri c’est RTL ! »

Ce matin, j’ai eu le plaisir d’être réveillé à 6h25 par la rédaction de RTL . Lorsque ma femme m’a dit « Chérie c’est RTL ! », j’ai cru qu’opn allait me demander le prix de la valise ! Pas de chance, ils voulaient juste m’interroger sur le couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans à Nice en vigueur depuis hier soir. Pour ceux qui connaissent ma voix, ne vous étonnez pas si elle est un peu plus grave que d’habitude…

RTL 7H 30

Voir aussi la réaction de Patrick Allemand sur son blog ici.